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Vivre l’IF outre-Manche

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08/09/2012

de Dominique PÂRIS-BOCKEL*

Deux articles publiés en 2011 par nos collègues anglais ont attiré mon attention ...

L’idée est de voir quel est l’impact de l’Insulinothérapie Fonctionnelle (I.F.) dans la « vraie vie » de 30 sujets diabétiques de type 1 ayant suivi le programme DAFNE (Dose Adjustment for Normal Eating).

A partir d’enquêtes téléphoniques réalisées à 6 et 12 mois après la formation à l’I.F., l’objectif était de répondre à certaines questions :
- comment s’appliquent les principes de l’I.F. au quotidien,
- cette méthode est-elle poursuivie dans le temps et comment,
- quels en sont finalement les avantages et inconvénients.

Après l’enthousiasme, mais aussi les craintes qui suivent les premières semaines d’application de l’I.F., quelques constatations sont intéressantes à relever :

- l’importance pour un équilibre glycémique plus stable, de certaines « règles » de vie : les variations glycémiques sont plus faciles à maîtriser, plus prévisibles si les repas sont structurés en évitant les « snacks » autrement dit le grignotage ; de même il est plus efficace et facile de choisir des aliments où les glucides sont simples à compter (d’où le choix pour certains de plats préparés où la lecture des étiquettes peut être rassurante).
- pour la plupart, c’est un encouragement au comptage des glucides et à ce nouveau mode de vie, pour d’autres (les diabétiques les plus anciens ?) cela ne change pas fondamentalement leur façon de faire déjà très organisée (le poids des habitudes souvent dès l’enfance ?).
- certains comportements surprenants, voire excessifs, sont rapportés : par crainte des hypoglycémies liées à un surdosage de l’insuline, par facilité pour ne pas s’astreindre au comptage des glucides, certains se contentent de repas dépourvus de tout sucre ! Avec le risque, au long cours, d’une alimentation trop riche en graisses : l’équilibre alimentaire avant tout ! Vous le savez bien !

- les contraintes exprimées par les patients au quotidien sont, évidemment, principalement liées à la difficulté de l’évaluation précise des glucides et à la répétition de l’autosurveillance glycémique.

Malgré ces compromis indispensables, l’I.F. est vécue de l’autre côté du Channel ainsi que dans l’hexagone, comme une approche logique, plus précise et structurée améliorant la stabilité glycémique (notamment nocturne). C’est un nouveau style de vie, de liberté alimentaire auxquels les diabétiques ne renonceraient pas.


Si vous voulez en savoir plus, voici les références :

1. Dose Adjustment for Normal Eating : A qualitative longitudinal exploration of the food and eating practices of type 1 diabetes patients converted to flexible intensive insulin therapy in the U.K.. J. LAWTON, D. RANKIN, D.D. COOKE, M. CLARK, J. ELLIOT, S. HELLER for the UK NIHR DAFNE Study Group. Diabetes Res. Clin. Pract. 2011 Jan ;91(1):87-93.

2. How and why do patients with type 1 diabetes sustain their use of flexible intensive insulin therapy ? A qualitative longitudinal investigation of patients self-management practices following attendance at a Dose Adjustment for Normal Eating (DAFNE) course. D. RANKIN, D.D. COOKE, M. CLARK, S. HELLER, J. ELLIOT, LAWTON J. ; for the UK NIHR DAFNE Study Group. Diabet Med. 2011 May : 28(5) :532-8.



* Docteur Dominique PÂRIS-BOCKEL
Praticien Hospitalier au Service de Médecine Interne, Diabète et Maladies Métaboliques – Clinique Médicale B
HÔPITAUX UNIVERSITAIRES DE STRASBOURG
F – 67091 Strasbourg Cedex